SharePoint est-il un bon choix de stockage pour Power Platform ?

La question du stockage des données est d’une importance stratégique dans l’univers Power Platform. Elle conditionne directement la performance, la scalabilité, la sécurité et la maintenabilité des solutions développées.

Face à des solutions robustes comme Dataverse ou SQL, SharePoint occupe une position unique : celle de l’accessibilité immédiate.
Souvent critiqué par les puristes de la donnée, mais plébiscité par les métiers pour sa simplicité, il reste le moteur de stockage le plus utilisé pour les applications départementales.

Cet article propose une analyse pragmatique de SharePoint afin de comprendre comment l’exploiter efficacement sans tomber dans ses pièges architecturaux.

 

2. Contexte et problématique

Au cœur de l’écosystème Power Platform, le choix du stockage est souvent dicté par deux facteurs clés : le coût et la rapidité de mise en œuvre.

SharePoint est inclus dans la quasi-totalité des licences Microsoft 365, ce qui en fait le choix par défaut pour des millions de développeurs citoyens.

Cependant, SharePoint est avant tout une GED (Gestion Électronique de Documents), et non une base de données relationnelle.
L’enjeu est donc clair :

Jusqu’où peut-on aller avec des listes SharePoint avant d’atteindre les limites de performance, de sécurité ou d’intégrité des données ?

SharePoint peut être un excellent point de départ tactique, à condition de respecter strictement son périmètre d’usage.

 

3. Analyse technique

Pour bien utiliser SharePoint dans Power Platform, il est essentiel de comprendre que sa nature technique diffère radicalement de SQL ou Dataverse.

 

Accessibilité et rapidité : le champion du No-Code

SharePoint excelle par sa simplicité de mise en œuvre :

  • Intégration native : créer une Power App à partir d’une liste SharePoint se fait en trois clics via l’option Start from data.

  • Licensing standard : c’est son atout majeur. Le connecteur SharePoint est inclus dans les licences standard, contrairement à Dataverse ou SQL qui nécessitent souvent des licences Premium.

  • Interface intuitive : la création de colonnes et de vues est accessible sans compétences avancées en modélisation de données.

Résultat : des solutions déployables rapidement à l’échelle de l’organisation, sans surcoût.

 

Gestion de contenu et collaboration

SharePoint ne se limite pas au stockage de données structurées :

  • Documents et fichiers : gestion native du versioning, des métadonnées et des droits d’accès.

  • Intégration avec Microsoft Teams : les listes SharePoint s’intègrent directement dans Teams, ce qui permet de rapprocher la donnée des échanges métiers.

Un avantage décisif pour les usages collaboratifs.

Les limites structurelles : le plafond de verre

C’est ici que l’analyse doit être rigoureuse. SharePoint n’est pas transactionnel.

  • Délégation et seuil des 2 000 éléments : au-delà de ce seuil, les requêtes non délégables dans Power Apps peuvent échouer ou retourner des données incomplètes.

  • Absence de relations fortes : aucune intégrité référentielle. Supprimer un client ne supprime pas automatiquement ses commandes → données orphelines.

  • Sécurité simplifiée :

    • Sécurité possible au niveau de la liste ou de l’élément

    • Aucune sécurité native au niveau des colonnes

    • La sécurité par ligne n’est pas gérée nativement et nécessite des contournements via Power Automate

Ces limites font de SharePoint un outil inadapté aux modèles complexes ou critiques.

 

4. Solutions et recommandations

L’usage de SharePoint doit être strictement encadré. Voici une grille de lecture pragmatique :

CritèreImpact avec SharePointRecommandation
Facilité de mise en œuvreExcellenteIdéal pour le prototypage rapide ou les applications simples
CoûtFaible et inclusMeilleur choix avec les licences Microsoft standards
Relations de donnéesInexistantesÀ privilégier pour des modèles plats à table unique
ScalabilitéLimitéeDéconseillé au-delà de 10 000 enregistrements ou en cas de forte concurrence
SécuritéBasiqueSuffisante pour des données simples, inadaptée aux données sensibles (RH, Finance)

 

Le verdict usage

SharePoint est parfaitement adapté pour :

  • Les demandes de congés

  • Les réservations de salles ou de matériel

  • L’onboarding des nouveaux collaborateurs

  • Les inventaires simples

  • Toute application de type formulaire remplaçant Excel ou un échange par email

 

5. Conclusion

Le choix de SharePoint comme solution de stockage dans Power Platform ne doit jamais être un choix par défaut par méconnaissance des alternatives.

  • Dataverse est la cible stratégique pour les applications d’entreprise

  • SQL reste la référence pour la data pure

  • SharePoint est l’outil tactique par excellence

Il permet de délivrer rapidement de la valeur métier, à coût nul, tant qu’il est cantonné à son rôle :
gérer des listes et des documents pour des équipes, et non porter le système d’information critique de l’entreprise.

Aurélien Logeais, assistant Business Microsoft chez Kaizzen

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