Dataverse : pourquoi est-il le véritable cœur de la Power Platform au-delà du simple stockage ?

La question du stockage des données est d’une importance stratégique dans l’univers Power Platform. Elle conditionne la performance des solutions, la scalabilité, la sécurité et la facilité de maintenance.

Si SharePoint et SQL Server ont leurs mérites, Microsoft Dataverse occupe une place à part. Souvent mal compris ou réduit à une simple « base de données coûteuse », il est en réalité un service de données intelligent (SaaS).
Ce qui suit propose une analyse détaillée de cette technologie afin de comprendre pourquoi elle est devenue incontournable pour les entreprises souhaitant industrialiser leur usage de la Power Platform.

 

Contexte et problématique

Au cœur de l’univers Power Platform, le choix de la solution de stockage ne se résume pas à savoir « où l’on met les données ». L’enjeu majeur réside aujourd’hui dans la convergence entre la donnée, la sécurité, la logique métier et l’interopérabilité.

Les entreprises font face à une fragmentation de l’information :

  • fichiers dans SharePoint,

  • données transactionnelles dans SQL,

  • processus métiers dispersés.

La problématique n’est donc plus seulement de stocker, mais de structurer et sécuriser l’information de manière native pour :

  • les applications (Power Apps),

  • les automatisations (Power Automate),

  • l’analyse (Power BI).

C’est dans ce contexte que Dataverse se positionne, non comme un concurrent direct de SQL, mais comme une couche d’abstraction métier supérieure.

 

Analyse technique

Pour comprendre la valeur de Dataverse, il faut analyser son architecture autour de trois piliers fondamentaux qui le distinguent des bases de données traditionnelles.

Structure et modélisation (le Common Data Model)

Contrairement à une base SQL vide ou à une liste SharePoint plate, Dataverse intègre une intelligence préconfigurée.

  • Modèle de données riche : gestion native des relations complexes (1:N, N:N), types de données avancés (fichiers, images, choix multiples) et colonnes calculées/rollup sans code SQL.

  • Standardisation : basé sur le Common Data Model (CDM), avec des tables standardisées (Comptes, Contacts, Activités) facilitant l’interconnexion avec Dynamics 365 et d’autres systèmes.

 

Sécurité et gouvernance (la couche de confiance)

C’est souvent le point décisif pour les DSI. La sécurité n’est pas codée dans l’application : elle est portée par la donnée elle-même.

  • Modèle de sécurité hiérarchique : gestion fine des Business Units, équipes et utilisateurs.

  • Sécurité au niveau de la colonne (Field Level Security) : possibilité de masquer un champ spécifique (ex : salaire) selon l’utilisateur, quel que soit l’écran ou l’application.

  • Audit et conformité : traçabilité native des modifications et gestion des accès en lecture/écriture.

 

Logique métier et ALM (l’intelligence embarquée)

Dataverse centralise les règles de gestion au plus près de la donnée.

  • Règles métiers et plugins : validation côté serveur (ex : le montant A ne peut être supérieur au montant B), garantissant l’intégrité des données même lors d’imports via Excel ou API.

  • Support ALM (Application Lifecycle Management) : gestion complète des Solutions (managées et non managées), indispensable pour déployer des environnements Développement → Production via Azure DevOpsou GitHub.

 

Solutions et recommandations

L’adoption de Dataverse doit répondre à des besoins précis, car elle implique un coût de licence Premium.

Grille de décision

  • Complexité des relations — Très élevée
    → Indispensable dès que le modèle dépasse 3 ou 4 tables interconnectées ou nécessite des relations N:N.

  • Sécurité — Optimale
    → À privilégier pour les données sensibles (RH, Finance) nécessitant des droits d’accès granulaires.

  • Logique métier — Centralisée
    → Recommandé si les règles doivent s’appliquer partout (applications, flux, API).

  • Volume et performance — Scalable
    → Gestion de millions d’enregistrements et de fichiers volumineux sans dégradation (contrairement à SharePoint).

  • Déploiement (ALM) — Industriel
    → Essentiel pour les équipes souhaitant un cycle de vie applicatif structuré (Dev/Test/Prod).

 

Verdict coût / bénéfice

Bien que les licences soient plus coûteuses qu’une solution basée sur SharePoint, le ROI (retour sur investissement) se mesure sur la maintenance et la performance globale :

  • réduction du temps de développement (low-code),

  • diminution de la dette technique liée à la sécurité,

  • simplification des intégrations futures.

 

Conclusion

Le choix de Dataverse dans Power Platform ne doit pas être considéré comme une simple décision technique de stockage, mais comme un investissement stratégique dans la pérennité du système d’information.

  • SharePoint : adapté aux besoins départementaux rapides.

  • SQL Server : performant pour les volumes transactionnels purs.

  • Dataverse : solution la plus complète pour des applications métiers critiques (Business Critical).

Il transforme Power Platform d’un simple outil de productivité en une véritable plateforme de développement d’entreprise, capable de supporter la croissance, la sécurité et la gouvernance exigées par les organisations modernes.

Aurélien Logeais, assistant Business Microsoft chez Kaizzen

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